Giuseppe Salvatore Riina, fils de Toto Riina, l'ex-chef suprême de la mafia sicilienne, a été remis en liberté par la justice, jeudi, en raison de l'expiration des délais de procédure. Sa mère et sa soeur sont venues le chercher dans une Mercedes noire à la sortie de l'établissement de haute sécurité de Sulmona, dans la région des Abruzzes.
La justice italienne aurait trop tardé
La libération de Giuseppe Salvatore Riina, condamné à 8 ans et 10 mois de prison pour "association mafieuse et extorsion" et incarcéré depuis 2002, intervient trois ans avant la fin de sa peine. La Cour de cassation a estimé que la justice avait trop tardé à examiner sa demande d'appel. Dans une lettre adressée au président de la Cour d'appel de Palerme, le ministre italien de la Justice, Luigi Scotti, a demandé "de façon urgente les éclaircissements nécessaires", soulignant "la gravité des faits contestés à Riina et les conséquences alarmantes pour la société" de sa libération.
De son côté, le procureur général antimafia, Piero Grasso, a regretté dans un entretien au quotidien La Repubblica la "grande distance entre les succès obtenus en termes de répression et ce qui se passe ensuite". "L'efficacité de la peine est en jeu", a-t-il dénoncé. "Nous nous sentons désormais inutiles. Le problème de la lenteur de la justice est devenu chronique", a expliqué Piero Grasso. L'Italie est régulièrement épinglée par le Conseil de l'Europe en raison des retards de sa justice. La péninsule a déjà fait l'objet de nombreuses condamnations de la part de la Cour européenne des droits de l'homme dans ce domaine.
Le père de Giuseppe Salvatore, Toto Riina, surnommé "la bête", a dirigé Cosa Nostra jusqu'à son arrestation en janvier 1993. Depuis, il a été condamné une quinzaine de fois à perpétuité, en particulier pour meurtres. Il est actuellement incarcéré dans la banlieue de Milan où il est soumis à un régime carcéral strict, appelé le "41 bis", en référence à l'article du Code pénal régissant les conditions de détention des mafieux et des terroristes. Sa cellule est éclairée 24 h sur 24, il n'a droit qu'à de rares sorties et visites, et son courrier est passé au crible.
Après l'arrestation, le 5 novembre 2007, de Salvatore Lo Piccolo, présenté comme le successeur du "parrain des parrains", Bernardo Provenzano, lui-même sous les verrous, la mafia sicilienne semblait jusque-là décapitée.


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